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Troubles du neurodéveloppement

TDAH Info Service : une nouvelle plateforme d’écoute gratuite

Publié le
27.10.2026

Lancée le 26 octobre 2026, TDAH Info Service est une plateforme téléphonique gratuite d’écoute et d’information destinée aux personnes concernées par le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), à leurs proches et aux professionnels. Claudine Casavecchia, présidente d’HyperSupers-TDAH France, présente ce nouveau service.

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D’où vient l’idée de créer cette plateforme ?

C’est une réflexion collective qui remonte à deux ans. Notre association, HyperSupers-TDAH France, recevait de plus en plus de demandes de personnes en recherche de soutien, d’accompagnement et d’information. Cela devenait vraiment très lourd à traiter pour nos bénévoles.

Certaines répondent essentiellement par mail, d’autres assurent des permanences téléphoniques. Mais elles interviennent chacune dans leur département. Nous nous sommes dit qu’une plateforme nationale devenait nécessaire. Elle s’adresse à tout le monde : aux personnes concernées, à leurs proches et aux professionnels.

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Comment financez-vous ce dispositif ?

Des financeurs se sont engagés à nos côtés, notamment CNP Assurances et deux fondations.

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Vous êtes-vous inspirés d’Autisme Info Service lancée en 2019 ?

Pas vraiment. Même si Autisme Info Service renseigne aussi sur le TDAH, il n’y a aucune concurrence entre nous. Nous nous sommes plutôt demandé : « Qui est mieux placé que nous pour le faire ? ». Même s’il y a beaucoup de choses en commun, notamment concernant les professionnels de santé, il y a des sujets qu’Autisme Info Service ne connaît pas aussi bien que nous.

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Quelles sont les situations auxquelles vos bénévoles sont confrontées ?

Elles reçoivent des demandes qui peuvent être très perturbantes sur le plan émotionnel. Il peut s’agir de familles en grande difficulté, qui n’en peuvent plus et cherchent du répit. Ou d’adultes en dépression profonde, qui n’arrivent pas à obtenir des aménagements dans leur travail. Il y a aussi des personnes très isolées.

C’est un peu comme lorsqu’on travaille dans un service après-vente : on ne reçoit que les situations qui vont mal. On finit par avoir l’impression que l’entreprise pour laquelle on travaille ne fabrique que de mauvais produits… Or, si elles peuvent partager leur propre expérience et ce qu’elles ont acquis au fil de leur engagement associatif, elles ne sont pas psychologues.

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Alors qui répond aux appels sur cette plateforme ?

Pour le moment, deux psychologues, qui interviennent comme prestataires. Elles ont à la fois de l’expérience auprès des personnes avec TDAH et dans la réponse téléphonique sur une plateforme.

Ce n’est pas la même chose de recevoir des patients dans son cabinet et de prendre l’appel d’un appelant anonyme. Il faut une certaine expertise pour entendre ce qui se cache derrière les mots et réussir à mettre la personne en confiance.

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Faut-il être adhérent à HyperSupers TDAH France pour appeler ? Et faut-il avoir un diagnostic de TDAH ?

Non, ce service est anonyme et ouvert à tous. Une personne qui se pose des questions ou qui a une suspicion de TDAH peut nous appeler pour lever un doute. La psychologue peut expliquer à la personne que, dans son cas, il serait préférable d’en parler avec son médecin traitant ou de consulter un psychiatre, car il ne s’agit pas forcément d’un TDAH. C’est cette pertinence, associée au professionnalisme des psychologues, qui permet de proposer ce service.

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Quels sont les premiers retours depuis son ouverture ?

Dès le matin du 26 octobre, nous avions 10 appels en absence, alors que la plateforme n’avait pas encore ouvert. 18 appels au total ! Nos psychologues prennent le temps de rappeler les numéros qui nous ont contactés. Nous sommes en phase expérimentale et allons observer ce qui se passe.

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Cette hausse des demandes est-elle liée à la multiplication des suspicions de TDAH et des autodiagnostics, notamment sur les réseaux sociaux ?

Je ne pense pas que ce sera le principal motif des appels. Le fait de faire un test sur TikTok et de cocher des critères en se disant « Ça aussi, je le fais ! » ou « C’est tout moi ! » ne correspond pas, à mon avis, au public de la plateforme téléphonique. Pour ce type de demandes, les personnes contactent plutôt directement nos bénévoles en région.

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Vous constatez que les conversations téléphoniques avec les bénévoles peuvent durer longtemps, en moyenne une heure. Que viennent chercher les appelants ?

Lorsqu’on a quelqu’un au téléphone, il faut lui laisser le temps de raconter son histoire et de comprendre quels sont ses véritables besoins. Parfois, la personne pose une question, mais, au fil de la conversation, on se rend compte que son besoin immédiat est ailleurs. Il faut alors l’orienter doucement vers la bonne démarche, lui expliquer qu’il serait préférable de commencer par telle étape.

Parfois, ce dont elle a besoin, c’est simplement d’un soutien psychologique.

C’est la maman qui n’en peut plus, qui est épuisée, qui galère et qui se fait agresser de toutes parts : par l’enseignant, par la famille, par son ex-conjoint ou par son enfant lui-même, parce que celui-ci ne va pas bien. Les personnes sont souvent mises à mal par ce trouble. Il faut quand même le dire.

La plateforme est aussi là pour cela : apporter un soutien psychologique, redonner du sens au rôle de parent, donner des conseils pertinents et fournir ce que nous appelons une information éclairée. Beaucoup de fausses informations circulent sur le TDAH.

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Comment cette information éclairée se traduit-elle concrètement ?

Il s’agit de rassurer et de sécuriser les personnes dans leurs démarches. Un parent peut, par exemple, nous dire : « J’ai fait ceci ou cela. Est-ce que j’ai bien fait ? ». Nous pouvons lui confirmer que sa démarche est conforme aux recommandations de la Haute Autorité de santé et l’orienter vers les bonnes ressources pour qu’il s’informe par lui-même et accède à des informations fiables.

L’objectif est qu’il puisse prendre ses décisions en connaissance de cause, plutôt que de se fier à ce que dit la voisine, une autre maman dont l’enfant rencontre peut-être des difficultés différentes, l’enseignant ou la belle-mère. Il faut aider les personnes à faire la part des choses et à trouver les informations pertinentes pour leur situation.

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Les permanences de la plateforme sont organisées sur des créneaux relativement courts. Comment concilier ce fonctionnement avec des appels qui peuvent durer une heure ?

Le rôle de la personne qui répond est d’être efficace. Il faut prendre le temps d’écouter, mais aussi recentrer la conversation sur la demande et essayer de comprendre ce dont la personne a besoin. Nous espérons ne pas être rapidement dépassés par le nombre de demandes. Sinon, il faudra nous adapter et peut-être ouvrir davantage de plages horaires.

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TDAH Info Service s’adresse aussi aux professionnels. Lesquels ?

Par exemple, des médecins généralistes qui repèrent chez un patient des signes correspondant vraisemblablement aux critères du TDAH, mais se retrouvent ensuite démunis pour l’orienter. Il arrive aussi qu’un psychiatre recommande des thérapies comportementales et cognitives (TCC), mais que le patient ne sache pas vers qui se tourner.

Des établissements médicaux nous adressent également des patients parce que nous organisons des rencontres, des groupes de parole et des événements. Certaines personnes nous écrivent parce qu’elles souhaitent rencontrer d’autres personnes avec TDAH et participer à un groupe de parole, sans forcément savoir comment s’y prendre. Nous sommes aussi là pour les orienter correctement.

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Que se passe-t-il lorsqu’une personne appelle en situation d’urgence ?

L’urgence, c’est quelqu’un qui dit : « Je n’en peux plus. »

Dans ce cas, nous recommandons de contacter le SAMU, SOS Suicide ou les services adaptés à la situation. Nous sommes au-delà de notre mission et notre plateforme ne peut se substituer à un service médical ou d’urgence.

En revanche, nous essayons de ne pas laisser la personne seule face à sa détresse. Nous pouvons lui demander si quelqu’un se trouve à côté d’elle, si nous pouvons parler à cette personne ou si quelqu’un peut venir l’accompagner.

Nous sommes aussi là pour montrer aux personnes qu’elles ne sont pas forcément seules, même si elles en ont l’impression. Parfois, il suffit de demander.

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Vous avez également prévu un accompagnement pour vos bénévoles. Pourquoi ?

C’est un autre aspect important du projet. Nous voulions que cette plateforme leur permette aussi d’être soutenues.

Leur mission est généreuse, mais elle peut parfois être déstabilisante sur le plan émotionnel. Elles peuvent contacter les psychologues pour obtenir des conseils sur des situations auxquelles elles ne savent pas forcément répondre ou faire confirmer la pertinence des conseils qu’elles envisagent de donner.

Elles peuvent aussi avoir besoin de parler après un appel qui les a affectées. C’est notre quotidien, et elles ne doivent pas rester seules face à ces situations.

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Ce dispositif pourrait-il inspirer d’autres associations consacrées aux troubles du neurodéveloppement, notamment dans le domaine des dys ?

Chacun doit pouvoir développer ses propres projets. Nous avons mis deux ans à monter celui-ci, à trouver les financements, à organiser le dispositif et à lancer ce projet pilote. Il faut bien comprendre que cette plateforme constitue une offre de service complémentaire au bénévolat traditionnel. Elle ne le remplace pas.

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Comment contacter gratuitement TDAH Info Service ?

09 70 70 30 80

  • Lundi : 20 h à 22 h
  • Mardi : 18 h à 20 h
  • Mercredi : 16 h à 18 h
  • Vendredi : 12 h 30 à 14 h 30

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Emmanuelle Dal'Secco
4 min

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