Neuf jeunes sur dix ressentent une pression à la réussite scolaire pouvant conduire à une vraie détresse psychologique, en particulier les lycéennes, montre une vaste enquête, qui pointe une "forte diminution du bien-être mental" associée notamment à Parcoursup, dont le mouvement lycéen demande la refonte.
La plateforme d'orientation post-bac cristallise le mécontentement des lycéens dont le mouvement s'est poursuivi jeudi, au surlendemain d'une forte mobilisation dans toute la France.
Jugée opaque et discriminatoire par les jeunes, la plateforme est de fait associée à "une forte diminution" de leur bien-être mental pour les 70% qu'elle stresse, attestent les derniers résultats de l'étude Mentalo menée depuis 2024 par des chercheurs de l'Inserm et l'Université Paris-Cité, qui interrogent régulièrement 20.000 jeunes âgés de 11 à 24 ans sur leur santé mentale.
Publiés jeudi, ces travaux explorent deux axes: le ressenti psychique (du bien-être au mal-être) et au plan médical, la présence d'un trouble psychique. Ce dernier est estimé par un risque de détresse psychologique de type anxio-dépressive, via un questionnaire standard de référence. Des entretiens sur le terrain sont également réalisés.
Il en ressort depuis 2024, que seul un jeune sur deux dit "se sentir bien mentalement" et que les filles vont deux fois moins bien que les garçons, en particulier au lycée, un moment de vulnérabilité important.
Invités à pointer la cause de leur mal-être, les jeunes désignent d'emblée la scolarité: ceux qui se disent "préoccupés par les notes, leur orientation" ont "trois fois plus de risque d'être atteints de détresse psychologique modérée à sévère", dit à l'AFP Karine Chevreul, directrice du projet Mentalo et professeure de santé publique.
Car chez les jeunes, la santé mentale est très liée à leur perception de la réussite scolaire : ce facteur devance les relations avec l'entourage (famille, amis, relation amoureuse...), constatent les chercheurs.
Or, 9 jeunes sur 10 rapportent une "pression à la réussite" : pour près d'1 sur 2, elle est "très forte" et chez les lycéennes et les étudiantes, cette pression est maximale.
"Et plus ils avancent en âge, plus leur bien-être mental diminue, en particulier les filles : la moitié des collégiennes déclarent aller bien, mais seulement un tiers des lycéennes", rapporte le Dr Chevreul.
L'enquête montre qu'entre 2024 et 2026 apparaît une dégradation de la santé mentale des collégiens, en particulier pour les filles, qui doit être "analysée au regard de l'augmentation de la pression à la réussite scolaire observée" également dans cette tranche d'âge, disent les chercheurs.



