Après le départ de l’ancienne directrice générale de Santé publique France, Caroline Semaille, le poste était convoité. C’est finalement le docteur Étienne Pot qui devient le prochain directeur général de l’agence.
L’actuel délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement va donc prochainement quitter ses fonctions pour rejoindre cette prestigieuse agence publique. Désigné par Matignon, il avait été auditionné le 21 juillet par le Parlement, à titre consultatif. Autant dire que les jeux étaient faits.
À Santé publique France, Étienne Pot aura fort à faire. L’agence est actuellement menacée par un projet de restructuration. Lors de son audition, Hendrik Davi, suppléant du député écologiste Sébastien Peytavie, a rappelé que le Gouvernement envisageait de transférer certaines compétences de l’agence au ministère de la Santé. Une restructuration qui aurait pour effet d’affaiblir l’agence et son autonomie.
Une perspective rejetée par le nouveau directeur :
« Je souhaite que l’agence conserve ces prérogatives, même si des ajustements pourront avoir lieu afin de mieux définir qui fait quoi et à quel titre. J’en suis convaincu, l’Agence nationale de santé publique est une structure d’expertise qui doit évidemment amener la science au cœur du déploiement des politiques de prévention et de promotion de la santé. »
Devant les députés, Étienne Pot avait également insisté sur la nécessité de rendre la santé publique compréhensible par tous. Selon lui, l’agence doit éviter le jargon, mieux expliquer son action et prendre davantage la parole auprès de la population. Il souhaite notamment s’appuyer sur des tableaux de bord plus synthétiques et sur une communication plus claire.
Le départ d’Étienne Pot devrait également réjouir les psychanalystes, dont il avait fait l’une de ses cibles favorites. Lors de son audition, il rappelait les « vents contraires » qu’il avait dû affronter au moment de défendre les recommandations de bonnes pratiques destinées aux professionnels accompagnant les personnes autistes.
On se souvient notamment de son intervention dans le magazine L’Express, où il dénonçait avec force la place encore occupée par la psychanalyse dans l’accompagnement de l’autisme.
Espérons que son successeur conservera la même ligne et continuera à œuvrer pour l’application des recommandations de la Haute Autorité de santé, notamment dans les établissements médico-sociaux accueillant des enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme.
À quoi sert Santé publique France ?
Créée en 2016, Santé publique France est l’agence nationale chargée de surveiller l’état de santé de la population. Placée sous la tutelle du ministère de la Santé, elle collecte et analyse des données sur les épidémies, les maladies chroniques, la santé mentale ou encore les addictions.
Elle peut alerter les autorités lorsqu’un risque sanitaire apparaît et participer à la gestion des crises. L’agence mène également des campagnes de prévention sur des sujets comme la vaccination, le tabac, l’alcool ou la nutrition.
Elle ne soigne pas directement les patients, mais fournit aux pouvoirs publics les informations nécessaires pour orienter les politiques de santé.
Étienne Pot : son parcours en quelques dates clés
Médecin de santé publique et addictologue, Étienne Pot s’est progressivement spécialisé dans le handicap et les troubles du neurodéveloppement.
En 2013, il complète sa formation par une spécialisation dans le management des établissements de santé.
De 2016 à 2018, il exerce comme médecin à la direction générale de la Fondation Les Amis de l’Atelier.
En 2018, il rejoint la Fondation John Bost comme médecin et devient également expert auprès de la commission sociale et médico-sociale de la Haute Autorité de santé.
En 2019, il crée Epcare, une entreprise spécialisée dans l’audit et l’amélioration des pratiques au sein des établissements sanitaires et médico-sociaux.
Le 8 novembre 2023, il devient délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement.



