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11,6 millions d'élèves de retour en classe, les lycéens privés de portable

Publié le
01.09.2026

11,6 millions d’élèves ont fait leur rentrée ce 1er septembre, avec plusieurs nouveautés et difficultés : interdiction du portable au lycée, enseignants manquants et conséquences d’une cyberattaque sur certaines académies.

Les cartables ressortent du placard, mais les portables doivent rester cachés: 11,6 millions d'élèves ont fait mardi leur rentrée, marquée par l'extension de l'interdiction du téléphone au lycée et pour certains par des perturbations après la cyberattaque ayant visé l'Éducation nationale.    

Devant le collège Pasteur, à Strasbourg, Zuhal Chams accompagne son fils Elham, qui rentre en sixième. Le petit brun de 12 ans se dit "un peu excité et stressé aussi".

   

À quelques mètres, Jawhara, 11 ans, arrivée seule pour sa rentrée en sixième, a "un peu peur mais aussi hâte".

   

À Pantin, en Seine-Saint-Denis, Grégoire Gousseff accompagne ses deux enfants, pas moins impatients. "Simon (en CE2, ndlr) avait hâte de retrouver ses copains et Sarah était un peu impressionnée par la rentrée au CP", raconte le père.

   

Egalement à Pantin, Malo Thoument, père d'une élève de 8 ans, s'inquiète de la présence de professeurs, après de nombreuses absences l'an dernier. "Ça s'est ressenti sur le programme", dit-il, espérant une année "plus stable".

   

Avant la rentrée, le ministre de l'Education Edouard Geffray s'est voulu rassurant en brandissant une amélioration du recrutement enseignant grâce au déplacement du concours à bac+3. "On a fait le plein cette année" grâce à cette réforme, s'est-il félicité lundi sur France Inter.

   

Les syndicats appellent néanmoins à la prudence, jugeant ces résultats en partie "en trompe-l'oeil" en raison de la coexistence cette année des concours à bac+3 et à bac+5.

   

À Paris, dans le 14e arrondissement, Achille a ainsi fait sa rentrée en CM2 sans enseignant. "La directrice les surveille au détriment de son activité", s'agace son père Philippe, qui déplore un manque d'information. "La seule chose qu'on nous a dite, c'est que l'académie espérait avoir un professeur dans l'année".

   

Portable interdit

Le ministre de l'Éducation s'est rendu mardi au lycée Chaptal, à Mende (Lozère), avec le président Emmanuel Macron qui a échangé avec des élèves sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, principale nouveauté de cette rentrée.

   

"Bonne rentrée à toutes et tous. On vient perturber une journée qui est déjà particulière", a lancé le président aux élèves qui ont dû déposer leur téléphone dans des pochettes numérotées accrochées au mur de la classe.

   

À l'extérieur de l'établissement, une quarantaine de manifestants, dont plusieurs arboraient un drapeau de la FSU et de la CGT Éducation, ont attendu le président pour réclamer  davantage de moyens et la fin des classes "surchargées".

   

Parmi les autres nouveautés de cette rentrée, des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué en novembre aux élèves, de la grande section à la Terminale.

   

Après plusieurs années marquées par des réformes successives et malgré des candidats à la présidentielle multipliant les propositions sur l'Education en cette rentrée, la reprise reste relativement calme.

   

"Il n'y aura pas de réforme Geffray", a répété la semaine dernière le ministre. Il a mis l'accent sur la maîtrise du langage et du raisonnement scientifique.

   

"On a encore beaucoup de travail à faire. Il y a un effritement du niveau notamment sur les années collège depuis maintenant très longtemps", a-t-il reconnu lundi alors que sont attendus la semaine prochaine les résultats de l'étude internationale Pisa qui évalue le niveau des élèves de 15 ans en français et en sciences.

   

Cyberattaque  

Dans certaines régions, les enseignants étaient surtout accaparés par des perturbations engendrées par l'importante cyberattaque révélée fin juillet par le ministère. Le piratage a entraîné la suspension préventive de nombreux outils numériques entraînant des difficultés dans les académies de Toulouse et de Nantes.

   

Les personnels doivent encore composer avec l'absence d'accès aux messageries professionnelles, aux bases de données des élèves et des familles ou à certaines applications administratives.

   

Selon le Snes-FSU, la désorganisation affecte notamment la gestion des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Dans les académies de Nantes et de Toulouse, de nombreux personnels n'auraient toujours pas reçu leur notification d'affectation.

   

À Nantes, le syndicat estime que près de la moitié des AESH seraient encore dans cette situation, compliquant l'accompagnement des élèves concernés dès les premiers jours de cours.

   

Dans ces deux académies, le ministère a par ailleurs accordé deux semaines supplémentaires aux établissements pour faire passer les évaluations nationales, afin de tenir compte des difficultés techniques rencontrées.

   

La session de septembre du baccalauréat est également impactée, le dysfonctionnement des messageries compliquant les envois de convocations des candidats et des correcteurs.

Cortex avec AFP
2 min

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