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Santé & Bien-être

Planning familial de Gironde : menace sur la prévention et l'information à la sexualité

Publié le
25.06.2026

Créé dans les années 1950, le Planning familial s’est imposé comme un acteur historique de l’accès à la contraception, à l’avortement, à l’éducation à la sexualité et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. En Gironde, son antenne alerte aujourd’hui sur un risque de disparition après le retrait d’une subvention majeure de l’Agence régionale de santé. Une décision qui interroge l’avenir de la prévention associative de terrain, au moment où les besoins d’écoute, d’information et d’accompagnement restent essentiels.

Le Planning familial de Gironde a écrit à la ministre de la Santé pour l'alerter contre un risque de disparition après la suppression d'une subvention par l'Agence régionale de santé, qui juge ses actions non "probantes".    

Cette subvention "représente un tiers de notre budget" et son retrait pour 2026, annoncé mercredi dernier, risque d'entraîner la suppression de quatre postes sur un total de 7,4 équivalents temps plein, a précisé lundi lors d'un point-presse la directrice de l'antenne girondine du Planning, Marie-Liesse Montes.

"On n'a pas de réserve économique, plus de trésorerie" pour financer d'éventuels licenciements, a-t-elle ajouté. La coprésidente du Planning familial girondin, Annie Carraretto, a rappelé que l'association avait déjà dû chercher à "mobiliser" en 2024 pour obtenir le maintien de sa subvention que "l'ARS voulait diminuer de moitié".

Grâce à ces 160.000 euros, la structure, également financée - à une hauteur moindre - par la Délégation départementale au droit des femmes, le Département ou la Ville de Bordeaux, développe des actions d'information et d'orientation en matière de santé sexuelle, ainsi qu'un programme précoce de prévention et de promotion de la santé mentale en milieu scolaire (Prodas). "Il y a quatre ans que l'ARS a décidé de ne plus financer que des actions de prévention probantes, c'est-à-dire qui ont fait preuve de leur efficacité, et nous avons donné quatre ans aux associations pour transformer leurs actions", a déclaré à l'AFP le directeur de l'ARS Nouvelle-Aquitaine Benoît Elleboode.

   

"Nous avons même mis en place un Appel à manifestation d'intérêt régional doté d'un million d'euros pour accompagner des projets afin qu'ils puissent devenir probants, mais ils ont choisi de ne pas y répondre", a-t-il ajouté, en assurant que la fédération de Gironde était une "exception" en Nouvelle-Aquitaine. "Notre fédération régionale a déposé une proposition pour une évaluation scientifique avec l'Inserm, ça coûte 180.000 euros, a rétorqué Mme Montes. On n'a jamais refusé de s'engager dans ces démarches mais on dénonce la vision extrêmement restrictive du concept de données probantes, car ils ignorent les expériences des professionnels de santé et des personnes concernées." M. Elleboode, qui promet de rencontrer l'association pour discuter d'un "plan de dégressivité", assure que l'ARS a "récupéré plus de 10 millions d'euros en marges de manœuvre pour financer d'autres actions probantes en prévention", notamment des Maisons des femmes Santé rattachées à des hôpitaux et dédiées à la prise en charge des victimes de violences.

   

Mme Montes déplore "un resserrement des politiques de prévention autour de l'hôpital" et la "mise à mal de tout le secteur associatif qui intervient dans le champ de la prévention en santé". "Je pense que l'ARS veut beaucoup moins de types d'interventions mais que celles qui sont élues soient massifiées, ajoute Coline Bost, coordinatrice régionale du Planning, qui déplore "une uniformisation" des pratiques "alors que les besoins d'un département à l'autre ne sont pas les mêmes". L'an dernier, le Planning familial national, association historique de défense du droit à la contraception, à l'avortement et à l'éducation à la sexualité, avait déjà dénoncé la baisse de ses financements publics partout sur le territoire.

Cortex avec AFP
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