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La chanteuse Hoshi passe ses traumas au mixeur dans "Bonjour docteur" et livre un plaidoyer sur la santé mentale

Publié le
08.10.2026

Fidèle à son univers écorché, Hoshi retrouve la lumière avec "Bonjour docteur", un cinquième album qui explore la santé mentale et permet à la chanteuse de panser ses plaies, après une relation qu'elle qualifie d'"hyper toxique".    

"Je vais bien aujourd'hui et ça me permet d'avoir de l'espoir sur l'avenir : c'est un sentiment que j'avais perdu parce que je suis sortie de cette relation complètement détruite", confie Hoshi à l'AFP.

   

Avec sa voix grave, puissante mais toujours au bord de la faille, l'interprète de "Ta marinière", qui vient de fêter ses 30 ans, manie sa verve poétique pour conjuguer, à travers 14 titres, sentiments et santé mentale.

   

"Ça a été vraiment une thérapie d'écrire ces chansons", confie la chanteuse, ajoutant avoir aussi bénéficié d'un soutien psychologique pour remonter la pente.

   

Il y a près d'un an elle a déposé plainte auprès du parquet de Paris, notamment pour abus de faiblesse et agressions sexuelles, contre son ex-compagne et manageuse, qui conteste ces accusations. La procédure est toujours en cours.

   

   

Hoshi est une "Femme libre" -

   

   

Leur rupture a agi comme une déflagration : Hoshi raconte s'être retrouvée seule avec ses valises et son chien, en pleine tournée. Sur scène, "c'était pas de l'interprétation comme on choisit d'en mettre dans une chanson, c'était vraiment un mal-être profond", se souvient-t-elle, comparant l'emprise à "une araignée qui tisse sa toile".

   

Mais "pouvoir me raccrocher à mes fans, ça a rendu le truc plus humain, comme si j'avais le droit à l'erreur. Du coup je ne suis pas tombée parce qu'ils m'ont rattrapée, mais franchement je pensais que j'allais tout arrêter", se remémore-t-elle.

   

Avec "Bonjour docteur", elle prévoit une nouvelle tournée, dès février.

   

"J'ai hâte de la vivre parce que ça va être ma première tournée en tant que femme libre !", sourit l'artiste, qui a depuis retrouvé l'amour.

   

Elle ne s'interdit rien non plus dans ce disque pop-rock, où jaillissent des guitares saturées, une parenthèse punk ou un piano-voix plus doux.

   

"J'ai commencé la musique parce que j'écoutais Brel avec mon papy, j'ai commencé à faire de la guitare parce que mon père me faisait écouter Nirvana et j'ai découvert Véronique Sanson avec ma mère donc ça a créé ce bordel quoi...Enchantée !", décoche Hoshi, dont le nom de scène signifie "étoile" en japonais.

   

   

Pour Hoshi l'important c'est de faire des "Chansons engagées"

   

   

Sortie de sa période sombre, l'autrice-compositrice-interprète donne à entrevoir les abîmes émotionnels où elle était confinée, "des choses qui ne se voient pas physiquement mais qui laissent des traces", glisse-t-elle.

   

Sa sincérité mise en musique donne des morceaux comme "Métro trauma", "A ta santé consentement", "Pleurer en dansant" ou "Santé mentale" qui liste des symptômes dépressifs jusqu'au cri de détresse final.

   

Tout aussi intime, "Billy et Joey" personnifie deux enfants qu'elle a rêvé d'avoir pendant sa précédente relation et renvoie à son désir de maternité, "plus que jamais présent", assure-t-elle.

   

"Je suis profondément moi-même en permanence, ça donne des chansons engagées, presque sans le vouloir", souligne l'artiste, dont le titre "Amour censure" est l'un des grands succès.

   

Le clip a d'ailleurs été filmé pendant une manifestation contre la procréation médicalement assistée (PMA) en 2019. Mais après cet hymne à la liberté - "Il n'y pas d'amour censure, il n'y a que de l'amour sincère" - Hoshi a été victime de cyberharcèlement, ciblée par des propos homophobes et haineux.

   

"J'ai souvent dit que ça m'avait forgée, mais recevoir 10.000 menaces de mort, se faire abuser dans une relation pendant des années, non ça ne m'a pas forgée: je n'ai pas eu le choix que d'en faire quelque chose qui me rend forte aujourd'hui", estime la chanteuse, reconnaissable dès ses débuts à son chignon haut, façon samouraï.

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