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Repère - CMV et grossesse : ce qu’il faut savoir sur le cytomégalovirus

Publié le
11.09.2026

Très fréquent et souvent méconnu, le cytomégalovirus (CMV) passe généralement inaperçu chez l’adulte. Pendant la grossesse, une infection peut toutefois être transmise au fœtus et, dans certains cas, entraîner des conséquences sur son développement. Transmission, risques, dépistage et prévention : voici les principaux repères à connaître.

Qu’est-ce que le cytomégalovirus ?

Le cytomégalovirus, plus souvent appelé CMV, appartient à la famille des virus de l’herpès. Il est extrêmement répandu dans la population.

En France, environ 46 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont déjà été en contact avec le CMV, selon l’Assurance maladie.

Chez une personne en bonne santé, l’infection est généralement bénigne. Elle passe même le plus souvent inaperçue. Dans environ 10 % des cas, elle peut provoquer des symptômes ressemblant à ceux d’un état grippal : fatigue, fièvre, douleurs ou ganglions.

Une fois infectée, une personne conserve le virus dans son organisme. Une première infection n’empêche cependant pas totalement une nouvelle infection ou une réactivation du virus.

Comment le CMV se transmet-il ?

Le CMV se transmet par contact avec des liquides biologiques contaminés : principalement la salive et les urines, mais également le sang, les sécrétions génitales ou le lait maternel. Les jeunes enfants constituent une source fréquente d’exposition. Les moins de 3 ans peuvent notamment excréter le virus dans leur salive ou leurs urines sans présenter de symptômes.

Une contamination peut ainsi survenir lors de gestes très quotidiens : porter à sa bouche la cuillère ou la tétine d’un enfant, terminer son repas, être en contact avec ses urines lors d’un change ou encore recevoir de la salive sur les mains.

Pourquoi le CMV est-il surveillé pendant la grossesse ?

Lorsqu’une femme enceinte contracte le CMV, le virus peut traverser le placenta et atteindre le fœtus. On parle alors d’infection congénitale à CMV. La HAS estime que l’infection congénitale concerne environ 0,4 % des naissances. Le CMV constitue la première cause de handicap congénital d’origine infectieuse en France.

Toutes les infections maternelles ne conduisent cependant pas à une infection du fœtus, et tous les bébés infectés ne développent pas de complications.

Le moment de la contamination joue également un rôle important. Le risque que le virus soit transmis au fœtus augmente globalement avec l'avancée de la grossesse. À l'inverse, les risques de séquelles graves sont plus importants lorsque l'infection survient autour de la conception ou pendant le premier trimestre.

C’est notamment pour cette raison que la période située dans les deux mois précédant la grossesse et au cours du premier trimestre fait l’objet d’une attention particulière.

Quels sont les risques pour le bébé ?

Dans la majorité des situations, une infection congénitale ne se traduit pas par des manifestations sévères. Mais le CMV peut, chez certains enfants, provoquer des complications. L’une des principales concerne l’audition. Une infection congénitale peut être responsable d’une perte auditive neurosensorielle touchant une oreille ou les deux.

D’autres atteintes sont possibles : retard de croissance pendant la grossesse, troubles neurologiques ou moteurs, troubles du neurodéveloppement, problèmes d’équilibre ou, plus rarement, atteintes oculaires. Certaines conséquences, notamment auditives, peuvent aussi apparaître après la naissance. Un suivi de l’enfant peut donc être nécessaire lorsqu’une infection congénitale est diagnostiquée.

Comment dépiste-t-on le CMV pendant la grossesse ?

Le dépistage repose sur une prise de sang appelée sérologie. Elle recherche notamment deux catégories d’anticorps, les IgG et les IgM, afin de déterminer si la femme a déjà rencontré le virus et de rechercher une éventuelle infection récente.

Depuis 2025, la Haute Autorité de santé recommande un dépistage systématique au premier trimestre chez les femmes enceintes dont le statut sérologique est inconnu ou négatif. Cette stratégie doit faire l’objet d’une réévaluation après trois années de mise en œuvre.

Lorsque cela est possible, une première sérologie peut être réalisée avant la conception, notamment lors d’une consultation préconceptionnelle.

Si la femme n’a jamais été infectée, la HAS recommande de réaliser une sérologie dès le début de la grossesse puis de la renouveler toutes les quatre semaines pendant le premier trimestre. La dernière doit être effectuée entre 13 et 14 semaines d’aménorrhée.

Que se passe-t-il si une infection est détectée ?

La présence d’anticorps ne signifie pas automatiquement qu’une infection récente a eu lieu. Des analyses complémentaires peuvent être nécessaires pour dater l’infection.

Lorsqu’une primo-infection est confirmée dans les deux mois précédant la grossesse ou au cours du premier trimestre, la HAS recommande une consultation dédiée et une prise en charge avec une équipe disposant d’une expertise en diagnostic prénatal.

Un traitement antiviral par valaciclovir peut être proposé afin de diminuer le risque de transmission du CMV au fœtus.

Une amniocentèse peut également être réalisée à partir de 18 semaines d’aménorrhée afin de rechercher le virus dans le liquide amniotique et de déterminer si le fœtus a été infecté.

Une sérologie positive ou une infection maternelle ne signifie donc pas, à elle seule, que le bébé est infecté ou qu’il présentera des séquelles.

Peut-on prévenir une infection au CMV ?

Il n’existe actuellement pas de vaccin contre le CMV. La prévention repose principalement sur des mesures d’hygiène, en particulier lorsque les futurs parents sont régulièrement en contact avec de jeunes enfants.

Il est notamment recommandé :

  • de se laver soigneusement les mains après avoir changé un enfant ou après un contact avec sa salive ou ses urines ;
  • de ne pas partager les couverts, verres ou brosses à dents d’un jeune enfant ;
  • de ne pas mettre à sa bouche sa tétine, sa cuillère ou les objets ayant été en contact avec sa salive ;
  • d’éviter les baisers directement sur la bouche ;
  • de nettoyer régulièrement les objets et surfaces susceptibles d’avoir été contaminés.

Ces précautions concernent également le deuxième parent, le virus pouvant notamment être transmis par la salive et lors des rapports sexuels.

Une prévention encore trop peu connue

Malgré les risques associés au CMV pendant la grossesse, les gestes de prévention restent encore relativement peu connus.

Lors de l'Enquête nationale périnatale de 2021, seulement 16 % des femmes interrogées en France hexagonale déclaraient avoir reçu des conseils permettant de limiter la transmission du cytomégalovirus pendant leur grossesse.

Un chiffre qui souligne l’importance de l’information des futurs parents, d’autant que la prévention repose essentiellement sur des gestes simples du quotidien.

Le CMV est fréquent et une contamination pendant la grossesse ne signifie pas systématiquement que le fœtus sera infecté ou qu’il développera des complications. En cas de doute, d’exposition ou de résultat sérologique inhabituel, l’interprétation des examens et la prise en charge doivent être réalisées avec le professionnel de santé qui suit la grossesse.

Cortex Média
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