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Bande Dessinée

La fausse couche : une bande dessine aborde (enfin) les vraies questions

Publié le
09.04.2026

En France, 200 000 femmes vivent chaque année une fausse couche. Elles sont 200 000 à vivre « une interruption spontanée de grossesse qui survient au cours des 5 premiers mois », selon la définition de la sécurité sociale.

Existe-t-il un plus vilain terme pour désigner la fin prématurée d’une grossesse que le terme « fausse couche ». C’est d’ailleurs par ce préambule que l’auteur de « Fausse couche, vraie question » démarre son livre-témoignage. Comme elle le souligne, il n’y a rien de faux dans la « fausse couche ». Il n’y a rien de faux dans le ressenti des femmes qui vivent cet épisode.

L’interruption spontanée de grossesse n’est pas qu’un terme médical. Derrière ce terme, il y a un espoir qui s’éteint. Il y a la fin d’un rêve, celui de fonder une famille. Pour la future maman c’est également une culpabilité, « qu’est-ce que j’ai fait de mal ? »,« pourquoi je n’en suis pas capable ? », « est-ce que je pourrais avoir un enfant ? ». En vivre une est un traumatisme pour beaucoup de femmes, en vivre quatre…

C’est ce qui est arrivé à Mathilde Lemiesle, l’autrice de « Fausse Couche, vraie question ».

Dans cet ouvrage au dessin faussement naïf, l’autrice décrypte son parcours et nous pose de vraies questions. Les croyances populaires sont encore très présentes dans le parcours des femmes enceintes. Combien de femmes continuent de ne pas annoncer leur grossesse pour ne pas se porter malheur ? Chez Cortex, vous le savez, nous aimons la science et l’on a vérifié. Il n’existe aucune étude sérieuse permettant d’affirmer qu’annoncer ou non une grossesse le premier trimestre augmente ou diminue les risques de faire une « fausse couche ». En revanche comme le décrit très bien Mathilde Lemiesle, cacher sa grossesse c’est cacher sa fausse couche…

Au fil du récit Mathilde Lemiesle, lève le voile sur l’interruption naturelle de grossesse. Son ton et ses questionnements sont justes et à la bonne distance. Il ne s’agit pas d’un témoignage individuel dont nos rayons de librairie sont (trop) remplis. C’est un véritable livre d’utilité publique. Elle est tour à tour pédagogue, historienne, témoin. Ce savant mélange fait de ce livre une bande dessinée à part. À la lecture du livre, on ne peut s’empêcher de se poser la question suivante : Pourquoi parle-t-on si peu de ces choses-là ? Plus en parler aiderait les femmes et les conjoints à se sentir moins seuls.

Mathilde Lemiesle interroge également l’aspect politique de la fausse couche. Quelle place pour la maternité dans le féminisme ? Comment le débat pro-vie / pro-choix s’immisce dans le parcours des femmes enceintes ? Des questions auxquelles l’ouvrage vous donnera des réponse set à défaut des pistes de réflexion.

Voilà donc un livre à lire, à offrir. Un livre pour libérer la parole et surtout se sentir moins seul. C’est un livre brillant et humain tout simplement.

PS : messieurs ce livre est aussi pour nous.

Re PS : messieurs et mesdames les gynécologues ce livre est également fait pour vous !

Auteur : Mathilde Lemiesle

Editeur : Glénat

Nombre de pages : 192

Format : 197mmx265mm

ISBN : 9782344060308

Benjamin Laurent
2 min

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