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Santé

Contraception et désogestrel : information sur le risque rare de méningiome

Publié le
11.09.2026

Les femmes utilisant une contraception à base de désogestrel vont recevoir, dans les prochains jours, un courrier d’information personnalisé de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé).

Ce courrier les informe d’un risque rare de méningiome associé à ces contraceptifs.

Voici la liste des contraceptions concernées

Pilules à base de désogestrel seul : Antigone 75 microgrammes, Cerazette 0,075 mg, Elfasette 75 microgrammes, Optimizette 75 microgrammes, Desogestrel 75 microgrammes des laboratoires, Biogaran, Cristers et Sandoz.

Pilules à base de désogestrel combinées à un œstrogène : esobel 150 microgrammes/20 microgrammes, Desobel 150 microgrammes/30 microgrammes, Mercilon, Varnoline et Varnoline continu, Desogestrel/ethinylestradiol 150 microgrammes/20 microgrammes (des laboratoires Biogaran, EG, Viatris), Desogestrel/ethinylestradiol 150 microgrammes/30 microgrammes (des laboratoires Biogaran, EG, Viatris).

Implant contraceptif : Nexplanon 68 mg implant pour usage sous-cutané.

Anneau vaginal : Etoring 15 microgrammes/120 microgrammes/24 heures, système de diffusion vaginal, Nuvaring 15 microgrammes/120 microgrammes/24 heures, système de diffusion vaginal, Etonogestrel/ethinylestradiol Viatris 120 microgrammes/15 microgrammes/24 heures, système de diffusion vaginal.

Un risque très faible, qui disparaît après l’arrêt

L’étude EPI-PHARE a montré une très faible augmentation du risque de méningiome chez les femmes utilisant du désogestrel de façon prolongée, pendant au moins un an.

Ces résultats avaient déjà été communiqués aux professionnels de santé et à la demande de l’ANSM, les données ont été analysées au niveau européen.

En juillet 2026, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a recommandé d’ajouter le risque de méningiome :

  • dans la notice ;
  • dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP).
  • Les professionnels de santé ont ensuite été informés de ces recommandations par un courrier (DHPC).

Ce qu’il faut retenir sur le risque

Il est estimé qu’un cas supplémentaire de méningiome surviendrait pour 67 000 femmes utilisant ces médicaments.

Le risque est plus important :

  • chez les femmes de plus de 45 ans ;
  • en cas d’exposition au désogestrel pendant plus de 5 ans.

Après une exposition antérieure à un progestatif présentant un risque de méningiome, par exemple : le risque devient significatif dès la première année d’utilisation du désogestrel seul à 75 μg.

  • acétate de cyprotérone ;
  • nomégestrol ;
  • chlormadinone ;
  • Un an après l’arrêt du traitement, ce surrisque n’est plus observé.

Qu’est-ce qu’un méningiome ?

Le méningiome est une tumeur le plus souvent non cancéreuse.

Il se développe à partir des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau.

La très grande majorité des femmes prenant du désogestrel n’en développeront pas.

Pourquoi recevoir ce courrier ?

Le courrier personnalisé permet à chaque femme concernée :

  • d’être informée du risque ;
  • d’en parler avec son médecin ou sa sage-femme lors de sa prochaine consultation de routine ;
  • de vérifier que sa contraception reste adaptée à sa situation.

Recevoir ce courrier ne signifie pas qu’un méningiome a été diagnostiqué ou suspecté.

Les symptômes

Il n’est pas nécessaire de consulter en urgence.

En cas de symptômes pouvant évoquer un méningiome, il est recommandé de consulter un médecin.

Ces symptômes peuvent notamment être :

  • des maux de tête persistants ;
  • des troubles de la vision ;
  • des troubles du langage ou de l’équilibre ;
  • une faiblesse musculaire ;
  • des troubles de la mémoire ;
  • l’apparition ou l’aggravation d’une épilepsie.

En parler lors de la prochaine consultation

La contraception doit être réévaluée chaque année avec un médecin ou une sage-femme, lors d’une consultation dédiée.

Cette réévaluation tient compte notamment :

  • de l’âge ;
  • de la durée d’utilisation du désogestrel ;
  • des traitements progestatifs pris auparavant ;
  • des besoins et de l’état de santé de chaque femme.

Ne pas arrêter sa contraception sans avis médical

Pour la plupart des femmes, la réception de ce courrier ne nécessitera aucune mesure particulière.

Elles sont invitées à :

  • poursuivre leur contraception ;
  • ne pas l’arrêter de leur propre initiative.
  • un arrêt brutal sans avis médical peut entraîner un risque de grossesse non désirée.

L’ANSM propose :

  • un point de contact via son guichet usager ;
  • une page d’information sur son site internet pour répondre aux questions.

Ophélie Barbier
8 minutes de lecture

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