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La Classe des Coccinelles, un film à la découverte des Unités d'Enseignement Maternelle Autisme.

Dernière mise à jour : 17 janv.

3 questions au réalisateur du film "La classe des coccinelles" : Benjamin Laurent


Synopsis : En 2018, la France a choisi de rattraper son retard en matière de repérage et prise en charge précoce de l’autisme. Avec le 3e plan autisme, sont nées des Unités d’Enseignement Maternelle Autisme (UEMA).

Dans une ville du sud de Lyon, une UEMA a été créée en 2022. Odile l’enseignante et 6 éducatrices spécialisées accueillent Liam, Zayim, et Médine. Le film suit le travail des enseignants avec ces élèves, il montre comment chaque jour, parents, enseignants œuvrent pour permettre à ces enfants différents de prendre leur envol. « La Classe des Coccinelles » est une classe spécialisée au sein d’un établissement ordinaire. Le film montre également des interactions avec les autres enfants.

« La Classe des Coccinelles » nous montre avec douceur, subtilité la vie tel qu’elle est dans cette classe. Le réalisateur à fait le choix de montrer d’insister sur les ressemblances plutôt que les différences.

« La classe des coccinelles » est un plaidoyer pour le vivre-ensemble et l’acceptation de la différence.


Comment est née l’envie de faire ce film ?


La mairie de Grigny m’avait invité pour présenter un précédent film sur les aidants familiaux. C’est comme ça que s’est fait la rencontre. Isabelle Gauthelier qui est la première adjointe et le maire Xavier Odo ont été sensibles à mon approche du Handicap. Ils m’ont sollicité pour faire un film sur la classe UEMA qui venait d’ouvrir à Grigny. J’ai dit « oui, à condition que le film soit un film qui ne mette pas en valeur, une politique mais qu’il montre le travail des professionnels, le parcours des enfants et des familles. Je voulais vraiment que ce film permette aux familles de mieux connaitre un dispositif qui peut, au début faire peur, et en même temps je voulais que ce film donne envie aux autres politiques de se mobiliser pour la création de ces classes. Je remercie la mairie qui m’a laissé une totale autonomie.


Comment travaille-t-on pour filmer une classe avec des enfants singuliers ?


J’ai travaillé pendant 3 mois en venant régulièrement dans la classe. J’ai été surpris de voir la facilité que j’ai eu à m’intégrer dans la classe. C’est un tournage particulier. Je vais seul dans ces endroits. La classe est petite, si on vient à deux, un ingénieur son et moi, c’est trop. On prend le risque de trop perturber la classe, les enfants, les professionnels. J’essaye de me faire le plus petit possible même si avec le matériel et mon gabarit, ce n’est pas simple. Ensuite c’est beaucoup d’observation. Je me mets dans un coin et je déclenche la caméra. Certaines prises de vue ont nécessité d’attendre 1h.

Médine, c’est un enfant qui a été particulièrement marquant… Quand je suis arrivé, on m’a dit qu’il aurait peut-être peur de moi. Il est rentré dans la classe, m’a foncé dessus pour regarder dans la caméra… il ne m’a pas lâché. Ces enfants sont toujours étonnants.


Quel est le souvenir que vous gardez de ce tournage ?


Il y en a plein, mais je crois que le moment qui m’a le plus marqué, c’est la séance de travail avec Médine. On le voit avec son éducatrice qui lui fait travailler le langage. On le voit dire le nom des éducatrices. On sent que ce n’est pas encore totalement ça mais c’est un début. J’étais très ému d’assister à ça. Je voyais ce petit bonhomme que je n’avais pas encore entendu parler… et là j’ai assisté au début du langage. Je l’ai revu quelque mois après et il m’a regardé en disant « au revoir » ce sont des moments très forts. Il faut se rendre compte de l’effort qu’il lui faut pour arriver à dire ces simples mots. Il faut également rendre hommage aux éducateurs et à Odile qui ont effectué un travail extraordinaire pour en arriver là.

Un autre souvenir m’a marqué, c’est avec Zayim. Pendant pratiquement deux mois, je suis un meuble pour Zayim. Je suis là, je ne suis pas là, c’est la même chose. L’un des derniers jours de tournage, il s’approche de moi et je ne sais pas pourquoi, il me tend les bras pour que je le porte. Ce que ça dit ? C’est que l’on ne sait jamais ce qu’il y a dans la tête de ces enfants. Ils nous poussent à l’humilité.





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