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7 questions à... Armand Thoinet, un aventurier hors du commun

Dernière mise à jour : 12 juil.


À 31 ans, Armand Thoinet a déjà fait de nombreuses aventures autour du globe. Kayak au pôle Nord, tour de Corse en pédalo, l’ascension du mont Toubkal... Sa maladie ne l’arrête pas dans ses voyages et sa soif d’aventure semble insatiable.


Sa dernière aventure en date ? Relier Chavanoz (près de Lyon) à Paris sur la selle d’une draisienne, pour arriver à temps au match d’ouverture de la coupe du monde de rugby 2024.

Rencontre avec cet aventurier hors du commun.


Armand Thoinet, un jeune homme de 31 ans. Il a la barbe il regarde au loin l'air pensif

Armand Thoinet - Photo cortex média - "Je n'avance pas comme tout le monde

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1)      Est-ce que vous pouvez vous présenter ?


Je suis Armand Thoinet, j’ai 31 ans, et je suis aventurier avec une particularité. Il y a 12 ans, on m’a diagnostiqué une maladie qui a changé ma vie. Avant pour le pire, et aujourd’hui pour le meilleur.

Quand j’avais 14 ans, les premiers symptômes ont commencé à apparaître, et seulement cinq ans plus tard, les médecins ont posé le diagnostic : j’avais une sclérose en plaques.


Quand je l’ai appris, j’étais très en colère et énervé contre tout le monde, tout le temps. Je n’aspirais à rien et je pensais même que ma vie allait s’arrêter là. Mais c’est à un moment où ma sœur est venue me voir et m’a secoué pour me réveiller, que j’ai compris que ça ne servait à rien de se détester et de détester les autres pour ce qui m’arrivait. Je devais apprendre à vivre avec.


Et ça a vraiment été un déclic pour moi. Grâce à ça j’ai pu réaliser mon rêve d’enfant :

devenir aventurier.


2)      Pourquoi est-ce que vous vous définissez comme un « aventurier » ? Qu'est-ce que ça signifie pour vous ?


En réalité, je me définis plutôt comme un « aventurier de la vie ». Pour moi, tout le monde peut devenir aventurier. Ce n’est pas forcément lié au sport, l’aventure c’est de sortir de sa zone de confort.

Aujourd’hui, j’ai trouvé mon équilibre grâce à l’aventure sportive et au théâtre. Et pour moi c’est plus éprouvant de faire du théâtre parce que je dois m’exprimer sur scène et c’est un autre exercice qui m’oblige à faire des choses inhabituelles.


Mon but est de casser les codes, de regarder positivement la différence et d’aller vers l’avant. Je souhaite m’adresser à tout le monde, car tout le monde à un moment donné est handicapé dans sa vie par rapport à sa situation. Je sais faire des choses que les valides ne savent pas faire et inversement. Le handicap c’est un mot sur un papier, après ça dépend de ce qu’on en fait surtout. Gérer un handicap, c’est gérer un problème. Il y a toujours une solution.


3)      Est-ce que vous pouvez nous parler de votre dernière aventure « Je n’avance pas comme tout le monde » ?


Je voulais faire une aventure que personne n’a faite avant pour transmettre des messages universels qui parlent à tout le monde.

À la base, c’était de parler des rêves d’enfants, parce que tout le monde a des rêves d’enfants, handicap ou pas, et tout le monde souhaite les réaliser.


Je voulais vraiment me surpasser dans cette aventure, parce que s’il n’y a pas de dépassement physique, il n’y a pas de recharge et de dépassement personnel. Pour apprendre de nouvelles choses il faut se mettre en difficulté. Ça me permet de réfléchir et de penser à d’autres choses dans ma philosophie de vie.


C’était aussi pour moi l’occasion de faire le lien entre ma vie d’avant et ma vie d’après, quand j’étais rugbyman. J’étais très longtemps frustré et en colère de ne pas avoir la même vie qu’avant et s’il n’y avait pas eu la rupture je n’en serais pas là aujourd’hui.


4)      Qu’est-ce que cette aventure vous a apporté ? Qu’est-ce que vous en retenez ?


Chaque aventure m’apprend des choses, c’est difficile d’en retenir qu’une seule. J’ai appris à oser, essayer, par exemple j’ai contacté la Fédération Française de Rugby pour essayer d’avoir des places – qu’on m’a offertes. J’ai eu beaucoup de chance et je n’aurais jamais vécu ça si j’étais dans mon canapé. À ce moment-là, j’ai su que j’étais au bon endroit au bon moment, je n’ai jamais vécu un moment aussi intense et magique.


5)      Est-ce que vous avez connu des échecs dans certaines de vos aventures ?


Oui évidemment. Il y a des aventures où je ne suis pas allé au bout, dans l’objectif que je me suis fixé pour y arriver. Alors j’ai dû adapter encore mon aventure adaptée, raccourcir ou augmenter le temps prévu, donc je ne le perçois pas comme un échec en tant que tel, c’est plus une épreuve pour aller plus loin, à chaque galère il y a quelque chose à apprendre.


Dans la société on nous apprend à ne pas tomber, mais moi c’est en tombant que j’ai le plus appris. Au début de ma maladie on m’a surprotégé. On essayait de faire le maximum pour que je ne tombe pas, mais moi j’ai plus appris en tombant.


Sur le moment on se dit que c’est un échec, mais avec du recul on apprend beaucoup de ça aussi. Dès qu’il y a une non-réussite, je fais tout pour que ça devienne une réussite différente.


6)      Avant, vos aventures montraient surtout vos défis sportifs et étaient médiatisées pour leur performance, mais ce dernier documentaire « Je n’avance pas comme tout le monde » est une aventure différente, où vous vous dévoilez plus dans votre intimité et vous nous expliquez le bouleversement que ça a causé dans votre vie et ce que ça a changé. Est-ce que ça a été difficile pour vous ?


Une chose est sûre, je n’aurais pas pu faire ce documentaire il y a 2 ans. Entre temps j’ai fait du chemin, j’ai beaucoup appris, et là j’ai su que c’était le bon moment.

Quand on a commencé à tourner avec Benjamin Laurent (réalisateur de « Je n’avance pas comme tout le monde »), le sujet est venu vraiment naturellement lors de l’interview. Ça a été une mise en confiance au fil des années et on a avancé ensemble là-dessus. J’y suis vraiment allé dans l’esprit « ne te limite pas dans tes réponses, parce que ça peut aussi inspirer d’autres personnes ». S’il n’y avait pas eu Benjamin ça n’aurait pas marché. Et si je n’avais pas fait mon chemin ça n’aurait pas marché non plus. C’est vraiment un travail collaboratif.


C’est 10 ans de vie qui ont été mis dans ce documentaire, de changement, d’évolution...

Il n’y rien de secret dans le documentaire, tout ce que j’ai dit je le disais déjà en conférence, mais je parlais beaucoup moins de ma vie personnelle. Depuis je l’intègre plus.


7)      Quelle sera votre prochaine aventure ?


Pour ma prochaine aventure en solo, je pars le 11 août prochain depuis Londres, avec un ami caméraman, jusqu’à Paris pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques.


Je fais le trajet à pied en poussant un fauteuil roulant pour sensibiliser sur le handicap et faire passer le message que le handicap ce n’est pas seulement physique. Et que les rôles peuvent même s’inverser. La preuve, je suis debout et c’est moi qui pousserai le fauteuil.


Il y a 450 kilomètres entre les deux villes et je me fixe l’objectif de le faire en 17 jours. Pour la traversée de la Manche, j’ai prévu de le faire en voilier avec l’aide d’un ami. Après tout dépend de la météo si ça sera faisable.


Et j’ai même obtenu quelques places pour certaines épreuves (rires).


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Affiche dessinée en aquarelle. Un paysage verdoyant, au centre un personnage avance sur une draisienne. Un velo sans pédale. En dessous en vert le titre du film : Je n'avance pas comme tout le monde.
Affiche du film (c) Mélissa Faidherbe

 « Je n’avance pas comme tout le monde », un documentaire réalisé par Benjamin Laurent, à découvrir sur Cortex média dès le 12 juillet 2024.


Bande Annonce


 

 

 

Réponse Bonus :

4. Comment est-ce que vous avez commencé à filmer vos aventures ? Qu’est ce qui vous a donné envie ?


J’ai véritablement commencé en 2015, en CM1 quand j’avais 9 ans. J’ai commencé à prendre quelques photos et quelques vidéos, c’était surtout personnel.

Par la suite, j’ai partagé mes aventures sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui je ne médiatise pas pour moi, mais je médiatise pour les autres. Parce que ça peut aider pleins de gens, et pas que des malades. J’essaie surtout de faire un film pour les grosses aventures et de ramener du contenu de qualité sur les réseaux sociaux.


Ça m’aide aussi dans mes conférences pour parler aux gens de mes expériences et de ce que j’en ai retenu, l’un ne va pas sans l’autre. Le but principal, c’est que les gens comprennent ma démarche, pourquoi je l’ai fait et que ça puisse en inspirer certains à trouver leur voie eux aussi.

Déclic « n’attendez pas d’avoir un déclic pour commencer à vivre votre vie ».

 

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