Position 1
Handicap et pédocriminalité

par Benjamin Laurent
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Une prise de position sous le signe de la lettre D


D comme Déroutant.

Une prise de position inspirée par un article parut sur le site de handicap.fr. Les faits: une énième affaire de pédocriminalité dans un institut médico-éducatif. Une affaire qui rappelle la sombre réalité des agissements de certains encadrants dans les institutions où sont placés les enfants en situation de handicap. Des institutions auxquelles les parents font de moins en moins confiance et, au vu des derniers événements, on ne peut que leur donner raison.


Lors des tournages pour le documentaire « Ma chère famille », une personne interviewée me confiait que certaines études mettaient en avant que 95% à 100% des personnes handicapées en institution étaient confrontées à des violences sexuelles. Le silence et l’indifférence qui entourent ces affaires sont  très déroutants. Il suffit de taper « affaire de pédocriminalité Voiron » sur Google pour constater l’intérêt que cela suscite. Il est vrai que ces enfants, même une fois adultes ne sont, pour la plupart, pas capables d’écrire des livres. Ils n’ont pas non plus de célébrité dans leur famille. Il ne s’agit pas ici de minimiser une souffrance au profit d’une autre, mais de démonter un mécanisme qui conduit à l’invisibilité d’une population qui n’a ni les moyens de se défendre, ni de faire connaître sa souffrance. Comme le dit si bien, dans l’article d'handicap.fr, Marie Rabatel, présidente de l'Association francophone des femmes autistes : « les enfants handicapés sont oubliés de la société mais pas des pédocriminels ». Un silence et une inaction dont la responsabilité n’est pas uniquement médiatique.


La justice freine souvent des quatre fers pour prendre en compte la parole des enfants. Les arguments mis en avant sont été bien souvent la difficulté à recueillir la parole d’enfants ayant un déficit dans le domaine de la communication. Ne nous leurrons pas. Les déficits des enfants ne sont pas une excuse et à peine un début d’explication.


Des solutions sont à inventer, des procédures à adapter, des pratiques professionnelles à revoir, une philosophie de l’accompagnement à reprendre en profondeur. Faut-il continuer dans cette logique qui consiste à concentrer les vulnérabilités dans des instituts en espérant que le regroupement de difficultés permettra d’avoir moins de difficultés ? C’est une vraie question de société qu’il faudra un jour trancher. La maltraitance des personnes vulnérables se retrouve à tous les niveaux, dans les centres d’hébergement d’urgence, les institutions pour personnes en situation de handicap, les EHPAD. Il est grand temps d’interroger nos représentations. Peut-on encore entendre dire : « Il est déficient intellectuel, comment voulez-vous qu’il communique ? ». Tout le monde peut communiquer, il suffit d’observer et surtout de vouloir voir une réalité qui finira un jour par s’imposer à nous.

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